L'histoire de Sergines

 

Période gallo-romaine

    Des découvertes datant des années 1960 ont permis de définir les origines de Sergines. Suite à la mise à jour d’une nécropole gauloise, on situe le village primitif sur la pente qui domine la route de Michery, au lieudit Gringalet. De cette hauteur, on domine toute la vallée de la Couée, petite rivière qui arrosait autrefois Sergines.

    La conquête de la Gaule par les légions de César et la longue occupation romaine permettent aux romains de tisser un remarquable réseau de voies. L’une de ces routes, reliant Agendicum (Sens) à Iatinum (Meaux), passe à proximité du village. Aujourd’hui encore, on reconnaît facilement le tracé de cette route que l’on appelle «  le Chemin Perré ».

    Cette voie qui apporte prospérité pourrait être à l’origine du nom de Sergines. Ainsi, certains auteurs ont émis l’hypothèse que  « Sergines »  viendrait du mot latin « Sarcinoe » qui signifie « bagages ». Supposant que le village, première station romaine en venant de Sens, sert de gite et d’étape aux troupes qui y déposent leurs bagages. Puis, Sarcinoe serait devenu « Sargenoe », « Sarginoe » puis « Sargines » et enfin Sergines.

Moyen-Age

    L’effondrement de l’Empire Romain d’Occident, dès le Vème siècle, et les incursions répétées des hordes barbares ont sûrement décidé les habitants de Sergines à tranférer leur village dans un lieu moins dangereux. Un nouveau bourg se construit alors sur l’emplacement du Sergines actuel. Ainsi, grâce aux forêts qui l’entourent et à la cuvette où il se niche, il est invisible du Chemin Perré.

    Le 12 novembre 726, un moine de l’abbaye de Saint-Pierre-le –Vif-les –Sens, rejoignant par le chemin perré le monastère de St Pierre de Jaulnes près de Bray, est assassiné par une bande de brigands, alors qu’il traversait la forêt de Sergines. Le crime serait resté ignoré de l’histoire de Sergines si ce n’eut été la personnalité de la victime. Ce moine n’était autre que Saint Paterne. Moine dont la pieuse existence jouissait d’une réputation de Sainteté. Tombeau et église seront érigés à l’emplacement appelé aujourd’hui encore Saint Paterne. Le culte du Saint a été très longtemps célébré à Sergines.

 

    Dans le courant du Xème siècle, la terre de Sargines devient une baronnie, appartenant à un seigneur qui en porte le nom. La famille de Sargines devait donner au pays quelques valeureux guerriers qui s’illustrèrent surtout aux Croisades. Le plus illustre, Geoffroy de Sargines accompagne Saint Louis lors de la 7e croisade en Egypte, où il le sauve des Sarrasins en 1240. Jean de Joinville, chroniqueur du règne du roi Louis IX, relate dans ses mémoires, les exploits et l’héroïsme dont a fait preuve ce courageux guerrier. En 1254, Louis IX, reconnaissant, lui confie le Royaume de Jerusalem. Pendant près de trente ans, Geoffroy de Sargines, devenu Vice-Roi de Jerusalem, défendra vaillament ce petit royaume.

    La première église date de cette époque, certains vestiges de cette église primitive sont encore visibles aujourd’hui, notamment la belle voûte romane. Détruite par un incendie, vers 1442, lors de la guerre de cent ans, alors que les anglais pillent et ravagent le pays. Elle sera reconstruite un siècle plus tard.

 
 

15è siècle

    Au soir du 15 septembre 1429, Jeanne d’Arc, venant de St Denis retournant vers la Loire, passe à Sergines, sans y faire de halte.
    En 1430, le bourg devient la propriété de la famille d’Hémery qui le conserve jusqu’en 1587.

16è siècle
    Février 1544, François 1er accorde, par lettres patentes, l’autorisarion de ceindre le village de murailles et fossés, afin de le protéger des brigands mais aussi des mercenaires sans solde qui traversent le pays, pillant et tuant sur leur passage. Les foires seront instituées en vertu de ces lettres patentes.
    Tandis que Sergines se ceint de fortifications, le roi Charles IX, se rendant de Sens à Bray, y fait étape le lundi 22 avril 1566.


17è siècle

    Durant la fin du XVI et le XVIIe siècle, Sergines ne sera pas épargné par de successives attaques de pillards et de régiments de huguenots qui sèment la terreur et la mort. Malgré tout le courage qu’ils mettent à défendre leur village, les habitants de Sergines doivent affronter un autre malheur, au cours de l’été 1615 lorsque l’imprudence d’un serginot provoque un incendie. La plupart des maisons sont recouvertes de toits de chaume et cent quarante d’entre elles sont détruites. L’église est atteinte, le clocher se renverse sur les cloches en fusion.
    La piété est si grande que le clocher est réparé la même année mais les chapelles latérales disparaissent, laissant à l’église l’aspect qu’elle présente aujourd’hui.

 Le 6 août 1640,

    Le capitaine Verdelet et sa troupe de brigands mettent le siège devant les murs de Sergines et attaquent le village. Les habitants leur opposent une résistance acharnée, jusqu’au moment où un jeune cultivateur du hameau de Bohé décoche une flèche, à l’instant où le capitaine lève son casque pour boire. Verdelet tombe mort, ce qui met en déroute les assaillants, qui s’enfuient en laissant la hallebarde et le casque de leur capitaine. C’est ainsi que Blaise Rigault, jeune héros, deviendra figure légendaire de Sergines.

    A cette époque , la terre de Sergines passe aux Bouthilier de Chavigny.

En décembre 1643, de nouvelles lettres patentes accordées par Louis XIV, alors agé de cinq ans, confirment aux serginots le privilège de clôture. Dès 1648, c’est la Fronde , guerre civile qui va ensanglanter la France jusqu’en 1653. Le bourg est épargné mais l’on s’y bat tout autour.

 
 

18è siècle

    En 1748, la Duchesse de la Force , très attachée à sa terre de Sergines, fait construire une halle sur la place publique (aujourd’hui disparue).

Vers 1756, la Coué, qui arrose Sergines, donne du tracas à ses riverains qui décident d’élargir son lit. Mais à partir de cette époque, la Coué coule de moins en moins, puis disparaît.

    En 1759, une grande partie du village est à nouveau ravagée par un terrible incendie.

 

La Révolution et le 19è siècle

    Vient la Révolution de 1789, on pense que l’église paroissiale eut à subir quelques dégradations. L’église de Sergines est sous l’invocation de Saint Tiburce, marthyr. En 1802, elle s’enrichit de magnifiques grilles de fer forgé, provenant de l’abbaye de femmes de La Pommeraye.

 

Au milieu du XIXe siècle,

   Sergines abrite 1500 habitants, essentiellement agriculteurs. La production de vin, déjà très ancienne, est très importante et explique l’existence de caves innombrables et immenses. Dans les ateliers de bonneterie, serges, ratines, flanelles, draps et couvertures de laine sont fabriquées. Les laines destinées au tricot sont filées à la main. Cette industrie est très prospère. Le commerce local est florissant.

Cependant, les filatures de bonneterie ne résisteront pas à la modernisation, trop artisanales et trop modestes pour se convertir industriellement.

Le 20è siècle

   Dès 1863 commence le remplissage des fossés. Les murailles avaient disparu, mais les fossés subsistaient profonds et souvent remplis d’eau stagnante et malsaine.

   Décision de créer l’adduction d’eau, le 20 avril 1910. Projet d’envergure onéreux, qui comprend l’installation d’une usine d’élévation. L’éolienne sera la plus grande de France. Sergines disposera de l’eau potable sous pression en 1912.

 
 

Le 9 août 1921,

Inauguration du monument aux morts à la mémoire de trente trois hommes de Sergines « morts pour la France » durant la guerre de 1914-1918.

Sergines connaît ensuite une période de déclin, la population ne compte plus que 700 habitants et de nombeux commerçants et artisans ont disparu.

      Mais, depuis les années 60, le village connait une nouvelle impulsion, et semble s’être résolument tourné vers l’avenir.